Petite nature

La musique classique, comme toute autre musique, raconte des histoires. La musique symphonique est certes moins explicite qu’un opéra ou qu’un ballet, elle n’en est néanmoins pas moins métaphorique. Le problème reste que parfois l’inspiration manque et les compositeurs finissent par nous parler de la pluie, du beau temps et des petites fleurs. De vrais concierges.

Schubert, par exemple, outre ses Chants dédiés à l’eau (que je n’aime pas du tout, soit dit en passant), a donné vie à une truite. Pensez bien que jamais une truite n’eut si bel hommage.
Cette truite d’ailleurs, c’est un peu ma madeleine de Proust amère, très amère. Imaginez deux fillettes un soir dans le beffroi de la commune, jouer devant une salle comble le quatre-mains de la Truite de Schubert. La première commence avant l’autre, celle-ci panique, cacophonie générale, le regard des parents se fait lourd et pour stopper le massacre le professeur un peu embêté se tourne vers le public et annonce d’une voix posée « Nous allons recommencer ». Soudain une chaleur engourdit ton visage, la sueur perle sur ton front, tu sens la banquette s’amollir et ton corps glisser sous le piano. Mon Dieu, nous avons tué la Truite !
Enfin, je m’égare. Trêve de commentaires, écoutons cette maudite Truite.

Quintette en la majeur, D. 667 « La Truite » (1819), Franz Schubert (retransmission Arte)
(quintette, morceau écrit pour un ensemble de 5 instruments. Ici : un piano, un violon, un alto, un violoncelle et une contrebasse)


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Nikolaï Rimski-Korsakov a préféré un insecte aux poissons en écrivant « Le Vol du bourdon ». Vous y verrez d’ailleurs tout le talent du percussionniste français Marc Chantereau.

Les Contes du tsar Saltan, « Le Vol du bourdon » (1900), Nikolaï Rimski-Korsakov (Marc Chantereau – percussionniste, Emission Cadet Rousselle présentée par Guy Lux, 1972)


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Terminons ce billet faune et flore par une cueillette champêtre avec le « Duo des Fleurs », extrait de l’opéra Lakmé de Léo Delibes. Profitez-en, l’automne arrive bientôt.

Lakmé, ACT 1: « Dôme épais le jasmin à la rose s’assemble » (1883), Léo Delibes (Michel Plasson, Delphine Haidan, Natalie Dessay, Orchestre du Capitole de Toulouse)
(pardon pour la présentation un peu kitch, les enregistrements de concerts avaient tous un son horrible)


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One Comment

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    Keep up the excellent work!

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