Strauss, d’un monde à l’autre

Voilà bien deux semaines que je tente d’écrire un billet sur Karajan. Deux semaines que je passe de vidéo en vidéo, de biographie en biographie, d’œuvre en œuvre, sans savoir par où ni quoi commencer. Je pourrais lui dédier une semaine de billets.
Cela étant, si « Il Maestro » peine à avancer, mes recherches m’ont donné quelques idées.

Parmi les très nombreuses œuvres interprétées par Karajan, il y eut les valses de la famille Strauss : Johann père, Johann fils, Joseph (fils n°2) et Eduard (fils n°3). • Et non Richard, qui n’a rien à voir avec les 4 autres •
Karajan eut notamment l’occasion de les interpréter lors du concert du Nouvel An de Vienne (Das Neujahrskonzert der Wiener Philharmoniker), qu’il a dirigé en 1987, et qui demeure l’une des plus prestigieuses directions offertes aux chefs d’orchestre.

Mais moi, les Strauss, ils me font aussi penser à un tout autre bonhomme. Un brun à bouclettes qui fait craquer Mamie… André Rieu. (Hop, 20% de lecteurs en moins).
André Rieu est un fanatique des valses de Vienne. Il a fondé son propre Johann Strauss Orchestra en 1987, avec lequel il fait tourner en rond deux-trois fois par an des jeunes gens en drôles de costumes colorés, dans de grandes et jolies salles d’époque.

Partager un billet entre Karajan et Rieu, drôle d’idée.
Karajan le grand, le majestueux. Le maestro le plus enregistré, le plus plébiscité, le plus acclamé au monde. Rieu, le guignol, le saltimbanque, le gugusse des puristes. Mais aussi un des meilleurs vendeurs d’albums classiques au monde.

Car oui, la clé est là. Karajan et Rieu représentent les deux mondes parallèles de la musique classique : les noblaillons contre la tourbe, l’hobereau contre le populo.

Karajan – Rieu, deux visions, deux interprétations, deux métiers. Celui-là réinventait la direction musicale, quand celui-ci l’accoutume. Celui-là orchestrait les notes, quand celui-ci les conforme. Celui-là vivait la musique, quand celui-ci la danse. Le mythe Karajan contre l’entreprise Rieu.

La comparaison en perd dès lors tout son sens. Rieu voulait adapter le classique au plus grand nombre et il l’a fait. Je doute que tous les amateurs de Rieu connaissent le nom de Karajan. L’inverse est pourtant bien vrai. Et finalement, tous connaissent les valses de Vienne à leur façon.

Pour illustrer cette drôle de dissonance, un seul morceau :  An Der Schoenen Blauen Donau (Le beau Danube bleu) (1866), de Johann Strauss (fils).
Karajan en fait une interprétation claire, droite, puissante. Rieu la reprend en légèreté, frivolité même, une musette qui fait tournoyer les crinolines de ces dames. 10 min pour la première, 8 pour la seconde. A vos baguettes.
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An Der Schoenen Blauen Donau, Op. 314 (1866), Strauss Jr. (J) (Herbert von Karajan, Vienna Philharmonic Orchestra)
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An Der Schoenen Blauen Donau, Op. 314 (1866), Strauss Jr. (J) (André Rieu, Johann Strauss Orchestra)
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