Mahler, Mahler, Mahler


Je vous avais avertis, il y a quelques mois, que la saison 2010-2011 serait marquée par Gustav Mahler (cf. ici), 2010 célébrant les 150 ans de sa naissance, 2011 les 100 ans de sa mort. Des concerts en son honneur se jouent chaque jour ici et ailleurs. Les dates anniversaires de Mozart ou de Chopin, on s’en souvient, on en tremble encore. Pour Mahler, le choc marketing est bien moindre et, sans doute, d’autant plus décent. Bref.
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Revenons quelques jours plus tôt. Une après-midi banale, un désistement de dernière minute et me voici parachutée, non sans délice, dans l’amphithéâtre de Bastille. Au programme : le premier volet de l’Hommage à Gustav Mahler. Pour les non-familiers, l’amphithéâtre est une petite salle ronde, destinée à accueillir les petites formations. La scène est très proche du public, ce qui offre une écoute et une vision imprenables. Je connaissais celui de Lyon, qui, à l’image de la structure du bâtiment est une petite salle toute noire, aux bancs noirs, à la scène noire, fermée par une immense porte coulissante… noire. Celui de Bastille est au contraire dans des tons beaucoup plus clairs, offrant à la salle une dimension élancée.

L’indication « Placement libre » nous donne des ailes. Deux jeunes filles, ça ne prend guère de place. Bingo. Plein milieu, deuxième rang. Et quinze bonnes minutes pour profiter du livret offert. Un Lied et la 4e symphonie seront présentés par l’Atelier Lyrique, dirigé par Marius Stieghorst. L’Atelier Lyrique ? Lisons.

« Depuis le 1er janvier 2005, l’Opéra national de Paris propose un nouveau programme pour donner à des jeunes chanteurs et à des pianistes-chefs de chant en début de carrière les meilleurs atouts pour réussir la vie professionnelle (…) mission première de l’Atelier Lyrique. »
Chouette des jeunes. Et il y a même leur photo. … Ah oui, ils sont vraiment jeunes. La vingtaine, trentaine au plus. Les lieder seront chantés par un baryton polonais, Michal Partyka et la soprano chypriote Zoe Nicolaidou interprètera le chant de la Quatrième Symphonie.

La première partie est donc celle des chants du baryton. Les Lieder constituent la première partie de vie de compositeur de Mahler. Ces chants poétiques germaniques sont emplis de nature, d’instants bucoliques, idylliques. Les poèmes en question sont les « Lieder eines fahrenden Gesellen » (« Chants d’un compagnon errant »), quatre chants où s’exprime toute la tristesse d’un amant non aimé en retour. Les percussions donnent à l’oeuvre une légèreté virevoltante sur laquelle se posent les pleurs de l’amour éconduit.
Le jeune baryton s’en sort à merveille et chacun des coups d’archer du premier violon me transperce l’échine. Je m’évade.

Les applaudissements de la salle me chassent violemment de mes songes. Déjà l’entracte ?? Soit. Petits wraps en guise d’encas. Miamiam. En route pour la Quatrième Symphonie.

Là encore, les percussions jouent un rôle primordial dans cette oeuvre particulière. Particulière car notablement saccadée. Les vibrations de la grosse caisse font trembler l’amphithéâtre. Durant les quatre mouvements de la symphonie, dont le dernier sera la chant de la jeune soprano, mon esprit s’échappe encore. Cette jeune formation est brillante et amusante à observer. Leur jeunesse ne leur permet pas la routine dont profitent les anciens et je suis agréablement divertie par le jeu des musiciens à cordes. Plusieurs parties de l’oeuvre obligent en effet le pianiste, le contrebassiste et le violoncelliste à jouer des accords en même temps. Je regarde, amusée, la tête blonde du pianiste se hisser au dessus de sa partition pour surveiller les mouvements de l’archer du contrebassiste, lui-même suivant attentivement ceux du violoncelliste. Le restant de l’oeuvre, le premier violon mène agréablement la danse avec une aisance, une hardiesse peut être, à la hauteur de son talent. Les regards complices avec le violoncelliste donnent la mesure, appuyant le jeu du second violon et de l’alto.
Je suis décidément bien placée et ne cesse de m’en délecter. L’heure du chant arrive. La soprano se lève et interprète « Das himmlische Leben » (« La vie céleste ») délicieusement. Mes tympans n’implosent pas sous l’effet de ses cordes vocales comme auraient pu le faire celles d’une grande diva, mais sa voix est très pure. La salle l’en remercie chaleureusement et je ne ménage guère mes mains lorsque l’ensemble salue pour la dernière fois.

J’aime ces soirées surprises.

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Pour l’écoute des Lieder et de la Quatrième Symphonie, c’est ici.

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2 Comments

  1. inesica

    Bonsoir,

    Moi je découvre Mahler pour la première fois, et j’ai adoré le post!! J’aurai bien aimé être la….

    En fait, je me suis intéressée un peu plus sur les Lieders, surtout quand j’ai vu que la thème c’est la tristesse d’un amant non aimé en retour.

    Ce que j’ai trouvé sur youtube ce sont des magnifiques vidéo sur les Lieders avec une explication par Thomas Hampson, un baryton américain…voila les liens:

    C’est extrêmement intéressant je trouve…

    Merci pour les postes!!

    Bonne soirée

    1. Bonjour !
      Merci beaucoup pour ces liens en effet très intéressants.
      J’emmenerai sans doute prochainement mes lecteurs en concert. Let’s wait and see. ;)
      Merci à toi pour les commentaires et ta fidélité.
      A bientôt !

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