Carmen au Grand-Théâtre

Heureuse surprise mercredi dernier, me voici conviée à la représentation de Carmen de Bizet (décryptage ICI) au Grand-Théâtre de Luxembourg. Mon tout premier opéra à Luxembourg ! Chose amusante, car, oui, aveuglée par le charme de la Philharmonie et de sa programmation, j’en oublie souvent l’agenda du grand et grisonnant théâtre luxembourgeois. La grande salle est un peu triste. Mais peu importe, je ne suis pas là pour observer le plafond. Et les sièges sont bien plus confortables que ceux du Palais Garnier (remarque un peu facile, je m’incline).

Le jeune public se fait toujours aussi rare. Bien dommage. Car quel opéra autre que Carmen est aujourd’hui plus connu ? Plus de la moitié des chants frôlent le sommet du box office classique. Des tubes !

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Carmen et surtitres à l'appui
Lecture 
Au beau milieu d’une arène aux décors modulables, le jeu d’acteur des chanteurs dépasse aisément l’alliage difficile de l’exercice lyrique. 
Malgré quelques inégalités, apanage du genre, le registre des solistes est très élégant. Les sopranos Virginie Pochon (bohémienne) et Anne-Catherine Gillet (amante de Don José) sont brillantes. Deux noms à retenir ! Andrew Richards (Don José, l’amant éperdu) est un remarquable ténor, dont la tessiture aigüe manque toutefois d’un peu d’envergure. Carmen, enfin, interprétée par la soprano italienne Anna Caterina Antonacci, est légèrement en retrait. Sa voix est belle mais fléchit en puissance et clarté. Les interventions d’Anne-Catherine Gillet en furent d’autant saluées. 
Le choeur est pour sa part excellent. D’une énergie et d’une justesse remarquables. Son pétillant petit frère, le choeur d’enfants, offre à l’ensemble une note de fraîcheur très agréable. Mais la puissance chorale écrase l’orchestre qui l’accompagne. La musique est trop douce pour cet opéra comique aux mille éclats. L’équilibre symphonique revêt le bémol de cette production.
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Verdict : une représentation fidèle et sans fausse note, au ton même parfait. Point de philosophie alambiquée, ni d’extrapolation étrange, les néophytes auraient été comblés. Malgré un orchestre en sourdine, ce Carmen méritait amplement l’acclamation du public qui suivit la tombée du rideau.
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Mais au fait voisins luxembourgeois, à quand “Carmen à l’Opéra” ?
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2 Comments

  1. Jean-Dominique Montoisy

    BIen vu, chère Petite Classique.
    Nous avons assité au même opéra et votre commentaire est parfaitement pertinant. Continuez ! Contrairement aux idées reçues, la critique n’est pas un art facile. Bravo ! ou plutôt, bravissimo, comme on dit à l’opéra.

    1. Merci beaucoup !!

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