Frénésie en quatre notes

Une ÉTERNITÉ que je n’ai pas parlé de musique ! Shame.

Écoute du jour : la 5e Symphonie de ce bon vieux Piotr Ilitch Tchaïkovski
(des « i » en Français, des « y » ailleurs, je ne cherche pas à comprendre, j’applique)
.

Cette symphonie est une symphonie en quatre mouvements, chacun reprenant un même thème – fait unique chez Tchaïkovski. Le thème est simple : quatre notes conjuguées à l’infini sur l’ensemble de l’oeuvre. Le « motto » comme ils disent. Composée en 1888, elle met en scène le thème romantique par excellence : la fatalité du destin.
« Soumission totale devant le destin ou, ce qui revient au même, devant la prédestination inéluctable de la Providence », écrit Tchaïkovski.
L’homme prisonnier de son destin. La symphonie s’annonce noire. Et pourtant.. 

.

5e Symphonie de Tchaïkovski - Partition du solo du Cor
5e Symphonie de Tchaïkovski - Partition du solo du Cor


.

Aux premières notes, le ton est grave, presque lugubre. Le premier mouvement oscille entre pianissimo et forte. Les cordes et l’orchestre s’emballent tour à tour, sur ce même thème sombre. Impossible d’en sortir. Quand le calme revient à la 5e minute, on ne peut s’attendre qu’à une suite toute aussi mélancolique. Erreur ! Le chant s’adoucit, et quand l’orchestre s’enfièvre à nouveau, l’espoir renaît. Douce déclinaison du motto. Aux dernières mesures, les notes m’emportent et c’est sur quelques froids accords que s’achève ce premier mouvement.

(écoute) Royal Liverpool Philharmonic – Andante – Allegro Con Anima 

Le deuxième mouvement s’engage sur ce ton morne. Quelques notes seulement. 45e seconde, l’orchestre se tait et fait place au son rond et liquoreux du cor d’harmonie. Une merveille. Son solo est enivrant. Je retiens mon souffle. Plus que n’importe quel cuivre, le cor me transcende. Les violons lui répondent, crescendo, decrescendo, c’est à se rendre fou. 9e minute, l’orchestre explose. Les frissons m’envahissent. Une minute plus tard, quelques accords glacent la scène. La fatalité ne peut être volupté. Mais c’est cette fois sur des notes douces que s’achève le mouvement. 

(écoute) Royal Liverpool Philharmonic – Andante Cantabile Con Alcuna Licenza
.

Bouleversement au troisième mouvement. Une valse entêtante ensorcèle le thème. Légèreté presque buccolique. C’est à n’y plus rien comprendre. Quelques notes aux accents plus graves rappellent ci et là le lourd poids de la Providence, annonçant le mouvement final.

(écoute) Royal Liverpool Philharmonic – Valse, Allegro Moderato
.

Le dernier mouvement s’accorde au premier, sur un ton toutefois plus enjoué. Le dialogue entre les cordes, les cuivres et les bois mène la danse. Arrivée des timballes, allegresse de l’allegro. Tchaïkovski se jouerait-il de la fatalité ? 4’30, les cuivres s’emballent. Les cordes les suivent deux minutes plus tard. 8’55, le final, déjà. Il n’est plus question de lugubre. Le thème renaît. Exquise violence. Exquise puissance. Les quatres notes endiablées resteront jusqu’au bout. 10’30, dernier crescendo, dernière ascension, dernier souffle. Quelques détonations. Frénésie. Et le silence.

(écoute) Royal Liverpool Philharmonic – Andante Maestoso – Allegro Vivace
.

.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s