Pure – Le Requiem

Pure (Till det som ar vackert), Lisa Langseth
Pure de Lisa Langseth, avec Alicia Vikander

Mercredi sortait dans les salles françaises un de ces longs métrages qui s’écoutent autant qu’ils se regardent : Pure de Lisa Langseth ou Till det som är vackert, pour les suédophones. Pure met en scène l’effet qu’un Requiem de Mozart peut avoir sur une jeune fille de 20 ans. Enfin, ça c’est pour faire bref.

 


.

Pas de Requiem pour la bande-annonce, mais la 25e symphonie de Mozart, une des quatre oeuvres en sol mineur du compositeur et écrite vraisemblablement en 1773 (le jeune Wolfgang avait 17 ans). Le sol mineur est pour Mozart aussi rare que tragique. On le retrouve dans sa 40e symphonie, qu’on dit être l’aboutissement de la 25e. La petite 25e ne serait qu’un brouillon. Allez savoir. Il est vrai qu’elle s’y retrouve beaucoup (*).

Mais revenons au Requiem. De l’oeuvre, vous connaissez tous le Dies Irae, comme vous connaissez d’ailleurs celui de Verdi. (**) Partie la plus poignante du Requiem, elle est ce jour de colère où les âmes seront jugées devant l’Eternel. « Dies iræ, dies illa, Solvet sæclum in favílla » – Jour de colère, ce jour-là réduira le monde en poussière.
.

W.A. Mozart, La messe de Requiem en ré mineur (KV 626), « Dies Irae » (1791)
.

Car oui, le Requiem est avant tout une messe funèbre, la dernière prière avant l’inhumation du défunt. Pas très gai. De fait, elle est un exercice très codifié, comme toute oeuvre classique, d’ailleurs. Introitus, Kyrie Eleison, Graduale, Tractus, Sequentia (Dies Irae), Offertorium, Sanctus, Agnus Dei et Communio. Mozart, comme beaucoup d’autres, le composera sans Graduel, ni Trait. Mais ce n’est pas là le plus intéressant.

A l’heure de son Requiem, Mozart n’était pas des plus sains d’esprit. Son médecin et ami, qui pensait le guérir, l’empoisonnait plutôt. Et rongé par le mercure, Mozart tournait légèrement de l’oeil. Alors quand un homme sous cape vint lui demander un requiem pour un mystérieux commanditaire, il y vit le signe de sa perte. Il répètera à sa belle-soeur qu’il le composait pour lui-même. À se croire mourant, il le devint bel et bien et n’achèvera jamais son oeuvre. 

Le mystérieux client n’était que le Comte von Walsegg, un aristocrate qui aimait s’attribuer les oeuvres des autres et pour cette raison agissait dans l’ombre. Pour honorer sa commande, la veuve de Mozart demanda à Joseph Eybler et Franz Xaver Süßmayr, deux élèves de l’artiste, d’achever le Requiem.

Un Requiem à trois mains donc, composé aux 2/3 par le maître. Pas de panique, le Dies Irae est (en partie) bien de lui. Seuls les SanctusBenedictus, Agnus Dei, et Communio sont entièrement de Franz Xaver Süßmayr.  Mais le travail est si bien fait, qu’on n’y voit que du feu. Jugez plutôt.

W.A. Mozart, Requiem, « Introitus »
.

La suite sur YouTube : II, IIIA, IIIB, IIIC, IIIDIVA, IVBV, VI, VII

L’oeuvre sur Spotify  : Karita Mattila & Sara Minguardo & Michael Schade & Bryn Terfel & Berliner Philharmoniker & Claudio Abbado & Schwedischer Rundfunkchor – Mozart: Requiem

.

.
(*)

W.A. Mozart, Symphonie n°40 (1788), 1er mouvement : Molto Allegro 

W.A. Mozart, Symphonie n°40 (1788), 2e mouvement : Andante

W.A. Mozart, Symphonie n°40 (1788), 3e mouvement : Menuet et Trio

W.A. Mozart, Symphonie n°40 (1788), 4e mouvement : Allegro assai

.
(**) 

G. Verdi, Requiem, « Dies Irae », Zubin Mehta (direction)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s